Préambule : cet article parle donc d’IA générative. C’est un sujet qui déchaîne les foules, notamment du point de vue éthique, écologique et social. Difficile de résumer ma position à l’heure actuelle (juillet 2026) face aux bénéfices et aux risques/nuisances qui émergent rapidement. Pour le moment, j’observe, je teste et j’essaie de comprendre. Je mets ici un lien vers le MOOC Enseigner et apprendre à l’ère de l’intelligence artificielle dont l’introduction m’a interpellé et reflète assez bien ma position.
Comme toutes les autrices et tous les auteurs, je suis confronté à un travail important de recherche et à la croissance débridée du corpus de notes que génèrent mes recherches. Officiant en fantasy et en science-fiction, j’ai également l’épreuve de devoir maintenir la cohérence des univers et des intrigues que j’imagine tout au long de la rédaction.
Pour faire face à ces défis, j’utilise comme la plupart de mes collègues toute une série d’outils numériques pour m’aider. Je peux citer :
- Google Search pour mes recherches,
- Miro pour créer des tableaux de post-its, épingler des liens et des images (notamment des cartes),
- Aeon Timeline pour créer des chronologies et des trames narratives reliées aux personnages.
- Google Docs pour prendre des notes, voire tenir un journal et Google Sheets pour les dictionnaires de mes univers.
Chaque autrice et auteur a sa stack d’outils comme on dit, plus ou moins complexe en fonction de ses besoins et ses pratiques. Mais nous avons tous des problèmes en commun : la croissance du corpus le rend difficile à exploiter et à maintenir et ce d’autant plus qu’il est justement éclaté à travers plusieurs outils. Paradoxalement, plus on accumule, plus on a tendance à perdre en information et en temps, malgré la rigueur qu’on s’impose.
Depuis quelques mois, j’apprivoise Gemini Notebook (ex NotebookLM), un outil basé sur Gemini (l’IA de Google) qui facilite grandement la gestion de corpus de notes.
Gemini Notebook (ex NotebookLM)
Gemini Notebook fait partie des solutions LLM. Mais il se distingue de ses collègues généralistes, comme Claude ou ChatGPT, par le fait que c’est un assistant de recherche qui se base sur vos documents. Autrement dit, Notebook va uniquement exploiter les sources que vous allez lui indiquer là où un ChatGPT, par exemple, prend en compte l’ensemble des documents sur lesquels il a été entraîné (dont une grande partie du web).
Avec Notebook, vous allez pouvoir référencer et explorer toutes vos sources.
Notebook est accessible gratuitement avec un compte Google. Il vous suffira ensuite de créer votre premier Notebook pour commencer.

À noter que Notebook est célèbre pour certains de ses formats, notamment sa capacité de créer des podcasts à partir des sources. Je n’aborde pas cette partie car je ne m’en sers pas encore. Je sais que les étudiants utilisent beaucoup la fonction podcast pour réviser leurs cours et je me dis que ça peut être pratique pour prendre connaissance de certaines sources ou d’avoir une synthèse sur un thème précis à partir des sources.
Les sources
Les sources autorisées sont très variées : PDF, fichiers epub, Words, Google Docs, images, sites web, etc. Il est même possible de référencer des vidéos YouTube et des fichiers audio.
Il peut s’agir de sources externes (un site web de référence par exemple) ou vos propres sources : un dictionnaire dans une Google Sheet ou même une note vocale faite en marchant sur votre téléphone.

La version gratuite de Notebook permet de référencer 50 sources de 500 000 mots ou 200 Mo (juillet 2026). N’hésitez pas à convertir vos documents dans le format Markdown, un format texte bien structuré et compact pour gagner de l’espace et faciliter l’exploitation des sources par Notebook.
Vous pouvez enrichir vos sources à n’importe quel moment par la suite.
Comme avec les autres LLM, fournir des sources détaillées et bien structurées permet d’obtenir de meilleures réponses (ex. tableaux, listes, dictionnaires, etc.).
Chose à savoir : ces sources sont statiques et il faudra les re-télécharger si elles sont modifiées, à l’exception des fichiers Google Docs, Google Sheets et Google Slides dont les changements sont pris en compte dynamiquement.
La recherche de sources
En plus du référencement manuel de sources, vous avez la possibilité de lancer une recherche (sur le web) de source. Cette recherche peut même tourner en tâche de fond, on parle d’agent de recherche) avec l’option Deep Research.

Notebook vous proposera une liste de résultats dans laquelle vous pourrez cocher les sources qui vous semblent pertinentes.

La discussion et les notes
Première fonctionnalité de choix : la discussion. Il s’agit d’un tchat classique avec une IA (Gemini en l’occurrence) à ceci près que les réponses seront uniquement basées sur vos sources. Vous pouvez raffiner vos réponses en échangeant et demander différents formats de sortie (synthèses, listes, tableaux, etc).

Possibilité intéressante : vous pouvez cocher/décocher les sources à prendre en compte par Notebook durant la discussion.

Les réponses seront entièrement sourcées à l’aide de petites bulles vous permettant de vérifier d’où vient l’élément d’information.

Vous pourrez aussi sauvegarder une réponse sous la forme d’une note. Attention, il n’est pas possible d’éditer et modifier une note. Par contre, cette note peut devenir… une source. La boucle est bouclée.

Une dernière information : un Notebook peut être partagé avec une ou plusieurs personnes disposant d’un compte Google.

Voilà, j’espère que Gemini Notebook vous aidera dans la gestion de vos notes.
N’hésitez pas à partager vos pratiques en commentaire.

Bonjour Benjamin,
Merci pour ton retour sur ta pratique ! L’as-tu déjà prise en défaut ?
L’as-tu déjà testée dans la réécriture complète d’un de tes chapitres ? Afin d’évaluer ses compétences littéraires (fondées ou non sur ton propre style)
Merci !
Pas encore car il est basé sur des sources que j’ai choisies donc pas de problème pour le moment. Quand il ne sait pas, il le dit.
Je n’ai pas du tout testé la réécriture complète. Je vais être franc : ça ne m’intéresse pas car ce que j’aime, c’est écrire et apprendre à écrire. C’est ce processus que j’adore. Pour moi, les outils résolvent des problèmes concrets et la réécriture stylistique ne l’est pas vraiment pour moi. Mais, je ne suis pas fermé et ce d’autant plus que je suis certain que les éditeurs ne vont pas résister à l’emploi d’IA dans leurs relectures.
Bonjour,
Très intéressant. Le débat se focalise souvent sur les peurs, comme pour la musique électronique à ses débuts, mais j’ai apprécié votre réflexion plus pragmatique, notamment en réponse au commentaire précédent.
L’écriture hybride ouvre, à mon sens, des perspectives encore sous-estimées, notamment pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap.
J’explore depuis quelque temps un processus mêlant intervention humaine et IA. Si le sujet vous intéresse, je serais heureux d’en discuter avec un passionné sans à priori.