Écrire avec Google Docs

É

Je rappelle que je travaille sous Windows et sous Android. Ces deux systèmes d’exploitation me conviennent très bien. Ce n’est donc pas l’objet de cet article. Ah et pour info, je m’entends très bien avec Lionel.

Récemment, Lionel Davoust s’étonnait que j’écrive avec Google Docs. (Lionel utilise un studio d’écriture appelé Scrivener, reconnu comme un excellent outil pour écrire.) Je lui ai répondu  à l’aide d’un thread Twitter mais très vite, j’ai été à l’étroit et je me suis dit qu’un petit article ne ferait pas de mal.

https://twitter.com/lioneldavoust/status/1030351806671466496

L’idée n’est pas de vous convaincre d’utiliser Google Docs – je ne suis pas prosélyte – mais de vous donner quelques clés de mon choix (et quelques astuces au passage). Je précise quand même que Google Docs est un outil assez sous-estimé et qui vaut le coup d’être testé à mon avis.

Un choix en fonction de mes (nouveaux) besoins

Comme à peu près tout le monde, j’ai longtemps utilisé Microsoft Word, qui demeure encore aujourd’hui un excellent traitement de texte. Néanmoins, quand j’ai commencé mon projet littéraire en 2017, et notamment quand j’ai commencé à écrire les Mystères de Kioshe, j’ai rapidement constaté que Word ne convenait plus à mon mode de travail.

Avant tout, il faut bien préciser que Google Docs est un outil frugal (comprendre très simple), même s’il s’enrichit au fil du temps et qu’il est scriptable. En tant qu’auteur, c’est un avantage je trouve. Il n’y a véritablement aucun apprentissage et j’ai pu me mettre au travail du jour au lendemain.

Écriture nomade

Je n’écris pas à plein temps (je suis salarié). Afin de pouvoir toucher à mon texte chaque jour, je dois pouvoir exploiter chaque moment de libre (dans un café, dans le métro…). Je suis équipé d’un ultra portable très solide et d’un mobile. Je voulais donc une solution me permettant de travailler sur les deux facilement. (J’écris généralement sur mon portable et je relis sur mobile.) Google Docs – l’équivalent de Word – s’utilise dans un navigateur et dispose d’une très bonne application mobile (j’utilise l’application Android). Tout est sauvegardé à distance (dans le cloud, c.-à-d. Google Drive) mais pour autant, vous pouvez également travailler en l’absence de réseau (par exemple, dans le métro pour moi). Vos modifications seront sauvegardées en local puis en distant lorsque l’appareil aura retrouvé une connexion.

Typographie

L’écriture réclame des caractères spéciaux comme —, «», –, etc. Sur mobile, l’appui long permet d’obtenir ces caractères relativement facilement.

Sur ordinateur, il existe plusieurs solutions. Google Docs vous permet notamment de programmer des remplacements automatiques. Voici un exemple pour que lorsque vous tapez -d + esp, cela se transforme en — (pratique pour les dialogues).

  • Ouvrez le menu Outils
  • Cliquez sur Préférences
  • Cochez Remplacement automatique (si ce n’est pas déjà le cas)
  • Dans le champ Remplacer, tapez -d
  • Dans le champ Par, tapez —

Cliquez OK et il ne vous reste plus qu’à tester. (Malheureusement, ces remplacements ne sont pas encore reconnus sur mobile mais les appuis longs permettent d’accéder à tous les caractères spéciaux.)

Sur ordinateur comme sur mobile, vous pouvez personnaliser vos claviers. J’en parle dans cet article pour Windows. Si vous avez le goût de l’aventure, vous pouvez utiliser un clavier BÉPO spécialement conçu pour écrire en français. C’est mon cas sous Android et après un temps d’adaptation, c’est très agréable.

Relecture et corrections

C’est là que le mode collaboratif et la gestion des accès de Google Docs entrent en jeu. Je partage donc mon texte à plusieurs beta-lecteurs grâce au système de gestion des accès. Ils ont les droits de commenter et suggérer (et ne s’en privent pas). Ils posent même des questions les bougres et nous pouvons entamer une discussion grâce aux commentaires. Bien sûr, je suis libre d’accepter ou refuser les suggestions. C’est la même chose pour les échanges avec un relecteur professionnel, même si là, j’ai eu des refus polis. (Même phénomène qu’en entreprise quand on incite les gens à passer de Word à Google Docs.) Pourtant, grâce à Google Docs, fini les échanges alambiqués de fichiers Word par mail ! Vous êtes prévenus des changements, des suggestions… par des alertes mail, voire mobiles si vous êtes un peu téméraires.

À noter que Google Docs est compatible avec le correcteur Antidote que j’utilise.

Post-production

Je ne m’occupe absolument pas de mise en page pendant que j’écris. C’est une étape ultérieure dans mon processus pour arriver au livre. (Je rappelle que pour le moment, j’auto-édite des livres électroniques.) Une fois l’écriture terminée, j’exporte mon manuscrit au format Word et je passe à la création du livre électronique (ça sera l’objet d’un autre article).

Ce n’est pas un studio d’écriture

Google Docs n’est pas un studio d’écriture. Voici quelques exemples de ce que vous ne pourrez pas faire :

  • Créer des fiches de personnages
  • Créer des fiches de lieux
  • Créer des structures complexes de scènes, chapitres… que vous pourrez déplacer à loisir ensuite
  • Fixer des objectifs d’écriture (en nombre de caractères quotidiens par exemple)
  • Avoir un système d’idéation et de post-its avancé

Par contre, vous aurez :

  • Le mode plan (avec les niveaux de titres)
  • Le comptage des mots (ou des caractères)
  • Un système de notes elles-aussi synchronisées (les notes Keep)
  • Un système d’historique avancé de vos modifications avec possibilité de restaurer des versions

Pourquoi pas Scrivener (pour le moment) ?

J’ai longuement testé Scrivener (en faisant notamment le tutoriel d’apprentissage). J’ai été rebuté par l’interface très peu ergonomique et la gestion moyenne de synchronisation dans le cloud. La courbe d’apprentissage est très longue et peu intuitive. Mon projet était de démarrer très vite les Mystères de Kioshe sans un préalable technique. Ce projet n’a pas besoin pour le moment des fonctions d’un studio d’écriture. Bien sûr, quand je toucherai les limites de mon outil, je me mettrai en chasse d’une solution qui me convienne mieux.

Merci d’avoir lu cet article, j’espère qu’il vous a été utile. N’hésitez pas à garder le contact et à découvrir mes projets Les Mystères de Kioshe ainsi qu’une participation à l’anthologie du Paris des merveilles avec Pierre Pevel. À bientôt j’espère.

A propos de l'auteur

Benjamin Lupu

En 2017, je saute le pas pour concrétiser mes envies d'écriture. Ce blog parle des coulisses de mes projets Les mystères de Kioshe et de mon éventuelle participation à une anthologie du Paris des merveilles.

4 commentaires

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  • Hello confrère utilisateur de Google, Windows, Android et… et c’est déjà ça ^^
    J’utilise également et pleinement Google docs depuis longtemps. Au départ, rien que pour sa sauvegarde automatique qui sauve la vie (enfin, surtout qui sauve le texte :p ). Pour ce qui est de concevoir des scènes, j’utilise Google sheets. Certes il s’agit alors d’un fichier extérieur, mais ce n’est pas infaisable du coup ^^
    Par contre, je n’avais songé à proposer aux beta-lecteurs à la place d’un fichier Word, merci pour l’idée je note 🙂

    • Chouette 🙂 Je ne suis pas seul. Quand vous partagerez votre texte, pensez bien à donner les droits Commentaire (pas d’édition). La première fois, il n’est pas inutile d’expliquer comment activer le mode Suggestion. Bonne beta-lecture collaborative !

  • J’ai commencé a utiliser google docs parce que Evernote ne me convenait plus. Donc, je prenais surtout des notes. Mais voilà, mes notes sont maintenant sur keep et google docs me sert de premier jet en mode brouillon. Comme toi, je gratte les moindres secondes où je peux écrire. C’est rassurant de voir la production qu’on peut avoir avec tous ces petits bouts mis ensemble.
    J’ai aussi vu tout l’avantage de partager avec les bêtas lecteurs, lorsque ceux-ci osent. Ah, la crainte de la nouveauté.

    • Ça me fait plaisir de voir que nos pratiques se rejoignent. C’est vrai que pour certains, la crainte du changement peut jouer. Maintenant, Lionel a raison : le bon outil, c’est celui qui vous permet d’écrire. (C’est d’ailleurs un utilisateur ultra-avancé de Scrivener. Ses livres sont énormes et très complexes – en plus d’êtres bons ;-)).