Le palais d’une nuit : le 3ème épisode des Mystères de Kioshe

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Tirséa, Ziûrn et Ivriane sont de retour ! Le troisième épisode des Mystères de Kioshe est disponible sur Amazon et Google Play.

Cette fois, nos héros vont devoir démêler les intrigues du clan des Késtaras pour retrouver une enfant disparue il y a soixante-dix-sept ans. Cela les amènera jusqu’à l’étrange palais d’une nuit. De son côté, Tirséa poursuit la quête de son passé.

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La litanie des plaintes ponctuée par des cloches qu’on agitait en rythme s’échappait des fenêtres grandes ouvertes de l’hôtel particulier. La bâtisse était imposante, sa façade ornée des symboles du pouvoir du clan hyrdrian qui y résidait, sans doute depuis des siècles.
— Pas de doute, les mauvais esprits ne risqueront pas leurs délicates oreilles par ici cette nuit, commenta Tirséa.
— C’est sûr, faudrait qu’ils soient sourdingues, gloussa Ziûrn en suivant sa compagne qui traversait la rue et s’approchait de l’entrée.
La nuit n’était pas encore complètement tombée et ils avaient pu faire l’économie d’un lanternier. Un prêtre de Talris, vêtu de noir, les attendait.
— Dame Tirséa ?
— C’est bien moi. C’est vous qui m’avez fait mander ?
— C’est exact, dame Léryn Késtaras vous attend. Merci d’être venus aussi vite. Si vous voulez bien me suivre, répondit le prêtre en indiquant le porche de la main.
Tirséa s’était habituée à ces appels impromptus. Leur petite affaire de résolution de mystères tournait à plein régime et leur quotidien, à Ziûrn et à elle, s’était considérablement amélioré. En fin d’après-midi, on avait frappé à sa porte pour lui demander de se rendre aussi vite que possible à l’hôtel des Késtaras, dans le quartier médian nord. L’affaire avait l’air urgente.
Ils montèrent un escalier monumental à la suite du prêtre. La présence d’un servant du juge des âmes n’était pas bon signe. Quelqu’un était à l’agonie. Ils pénétrèrent dans le hall principal. La pièce était coiffée du traditionnel toit en forme de coque de navire renversée. Les Hyrdrians descendaient d’un peuple de marins conquérants. Comme de grands mâts inversés, des piliers de bois poli portaient la voûte. Des panneaux en marqueterie décoraient les murs. Les grandes lanternes à lumebrilles qui pendaient au plafond avaient été emmaillotées dans du tissu rouge, jetant une lumière étrange sur la pièce. Tout au fond, une ligne de pleureuses était agenouillée en arc de cercle autour du trône de réception de la maison. À treize pas, pas un de moins et pas un de plus, si je ne me trompe pas, se rappela Tirséa. Elles resteraient là jusqu’au petit matin, tête baissée, le visage caché par un voile, pour qu’aucun esprit malin ne pénètre dans la maison. Des hommes se tenaient derrière elles et agitaient une cacophonie d’instruments qui ne semblaient avoir été conçus que pour faire le plus de bruit possible. Tirséa remarqua qu’ils s’étaient bouchés les oreilles avec de la cire. Sage précaution. Tout cela prenait une tournure pour le moins originale.
— Prêtre, est-ce que mon client serait mort par hasard ?
— J’en ai bien peur. Dame Késtaras nous a quittés il y a quelques heures.
— Voilà qui risque de compliquer les choses, non ?
— Rassurez-vous, vous ne vous êtes pas déplacés pour rien.
Ils apercevaient à présent l’occupant du trône. C’était une femme incroyablement âgée, tassée dans son siège bien trop grand pour son corps squelettique. Elle flottait dans de magnifiques vêtements de brocart. Le fin duvet blanc de ses cheveux était enserré dans un diadème d’or orné d’un rubis de bonne taille. On eût dit une momie sacrée que les Naodins aiment promener dans les rues les jours de fête. Malgré son état, il émanait encore de cette frêle silhouette une aura de puissance et de richesse. Mais ses yeux vitreux immobiles confirmaient qu’elle rejoindrait ses ancêtres à l’aube, le temps que son âme accepte son sort. C’est seulement à ce moment que les prêtres l’emmèneraient au temple pour la préparer au Talrim.
— Veuillez m’attendre ici, je vous prie, demanda le prêtre.
Il disparut par une porte latérale et revint quelques instants plus tard en portant un coussin de velours sur lequel reposait un masque féminin stylisé aux yeux de nacre. Le prêtre entra dans le cercle des pleureuses et s’agenouilla devant le trône en tenant à deux mains le masque, levé bien haut devant lui.
— Selon votre volonté, Tirséa Mortevue et Ziûrn, heu… Cas’zoreil, entendront vos paroles, maîtresse Késtaras.
— C’est quoi cette entourloupe ? murmura le gobelin.
Puis le prêtre se releva et vint plaquer le masque sur le visage de la morte. La pièce s’emplit d’une sorte de soupir, les pleureuses se turent et les musiciens arrêtèrent leur tintamarre. Le masque s’anima alors que s’élevait une voix féminine, puissante, ferme et chaude, à la plus grande stupéfaction de Tirséa et Ziûrn.
— Je me nomme Léryn Késtaras et voici soixante-dix-sept ans, j’ai commis une faute. Une faute si grande que je me relèverai d’entre les morts si elle n’est pas réparée avant que mon âme n’emprunte la nef de Talris…

La suite dans Le palais d’une nuit, le troisième épisode des Mystères de Kioshe :

A propos de l'auteur

Benjamin Lupu

Historien de formation, passionné de sciences humaines, de technologie, d'archéologie et par les littératures de l'imaginaire, Benjamin Lupu est l'auteur des Mystères de Kioshe, une série d'enquêtes de fantasy mettant en scène la magicienne Tirséa Mortevue et ses compagnons.

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